Stephen King fait sans aucun doute partie de mes auteurs favoris. Je n’ai pas encore pu lire l’intégralité de ses romans mais j’aime son sens de la narration, sa capacité à écrire des histoires qui nous embarquent quasi instantanément, ses personnages et son imagination. Rares sont pour moi les auteurs qui parviennent à créer de véritable univers autour de leurs histoires. C’est le cas de Stephen King, je sais qu’en débutant un de ses livres, je vais me retrouver immergée à 100% dans un lieu, une époque, un monde. Livre emblématique de l’auteur, Ça est un traumatisme de l’enfance pour beaucoup d’entre nous. Je fais bien entendu partie du lot. Je ne me rappelle plus précisément si ma peur des clowns vient du fait d’avoir regardé le film des années 90 étant petite, mais ce qui est sur, c’est que ça a du jouer ! Avec la sortie du film version 2017, j’ai voulu me replonger dans l’univers de Derry ! J’avais déjà lu le tome 1 lors de mon adolescence et j’en gardais un souvenir très positif, quoi qu’un peu flou sur certains détails.

L’histoire de Stephen King nous emmène à Derry, une petite ville du Maine, en 1958. A cette époque, une vague de disparitions et de meurtres secoue la ville. Retrouvés mutilés, décapités, torturés, ces meurtres ont la particularité de ne concerner que des enfants. Le point commun de toutes ces morts ? Un clown, un être horrible sorti des profondeurs de Derry, un être prenant la forme des peurs les plus profondes de ses victimes, un être innommable : Ça. Quelques enfants vont toutefois réussir à s’en sortir indemne, à échapper aux griffes de Ça et vont presque parvenir à le tuer. Ce sont les sept héros du roman qui, 27 ans plus tard, quand Ça refait surface, vont devoir tenir la promesse qu’ils se sont faites étant petits : détruire la créature une bonne fois pour toute.

Selon moi, la force du roman de King tient surtout de ses personnages. Une bande de joyeux losers de 12 ans, tous plus attachants les uns que les autres. Il y a Bill le Bègue, le leader involontaire du groupe, celui vers qui les autres se tournent pour les décisions importantes. Il y a Ben, le gamin obèse et fan de livres qui, venant d’emménager à Derry, trouve au milieu de ces autres enfants de véritables amis. Il y a Richie, l’imitateur hors pair, la grande gueule du groupe qui a toujours le mot pour rire. Il y a Eddie, l’enfant fragile et asthmatique, surprotégé par sa mère. Il y a Stan, la tête du groupe, méticuleux, ordonné et réfléchi. Il y a Beverly, l’unique fille du groupe, un peu garçon manqué sur les bords. Et enfin il y a Mike, un peu à part dans ce tome 1, mais qui occupe un rôle pourtant central dans l’histoire. Ces sept jeunes héros font tisser, via leur peur commune de Ça, de véritables liens.

En effet, avant d’être un livre sur les peurs les plus profondes, Ça est avant tout un livre sur l’enfance et l’amitié. L’amitié indéfectible de sept gamins, qui malgré leurs différences vont devenir inséparables et se retrouver liés par une terrible promesse, celle de détruire Ça. Cette amitié, qui persistera même dans les moments les plus terrifiants, est justement la plus grande faiblesse du clown. Jamais la créature n’est aussi vulnérable que devant l’union d’une bande de gamins, prêts à surmonter leur peur afin de le détruire.

Stephen King parvient à raconter une histoire étonnamment bien construite en se permettant d’alterner non seulement les époques mais aussi les points de vue. En effet, Ça n’est pas du tout un roman linéaire. Le présent, c’est 1985, époque où nos sept héros sont adultes. On revit donc leur enfance par le biais de flashbacks qui nous font revenir en 1958. En parallèle de cet exercice temporel, chaque chapitre nous raconte l’histoire selon le point de vue d’un des sept protagonistes. Un parti pris qui pourrait facilement perdre et embrouiller le lecteur, mais avec Stephen King aux commandes, la narration est fluide et claire. L’immersion à Derry est telle que nous sommes parfois à deux doigts d’entendre la voix maléfique de Ça, de sentir son odeur pestilentielle et de goûter son sang poisseux.

Pour conclure, je ne saurais que vous conseiller ce livre, que ce soit ou non votre style de lecture. Ne faites pas l’erreur de limiter ce livre à une simple histoire de clowns qui fait peur. Stephen King a écrit, avec ce roman, une sorte de condensé des peurs de chacun. Que vous ayez ou non la phobie des clowns, chacun parviendra à y trouver sa dose de frissons et d’angoisse. Installez-vous confortablement sous un plaid et préparez-vous à affronter Ça. 🙂

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