Margaret Atwood est une figure emblématique de la littérature canadienne, notamment grâce à son roman La Servante Écarlate. Adapté au cinéma et plus récemment en série, le livre est un classique que je n’avais pourtant jamais eu l’occasion de lire. A vrai dire, c’est en voyant le trailer de la série que je me suis mis en tête d’entamer cette lecture. Je trouvais le thème intriguant et de manière générale, je préfère lire l’oeuvre avant de regarder l’adaptation en film ou en série.

Dans un monde pollué, empli de déchets toxiques, autorisant l’avortement et de nombreux moyens de contraception, le nombre de naissances est en chute libre. Afin de pallier à ce problème, l’élite puritaine renverse l’État afin d’instaurer la république de Gilead. Progressivement, les lois minimisant les libertés se multiplient et une dictature s’installe. La majorité des femmes n’appartenant pas à cette caste deviennent de véritables outils, sans droits, sans emploi et sans biens. On retrouve ainsi trois catégories de femmes : les Épouses, détentrices du pouvoir, les Marthas, sorte de domestiques s’occupant de la cuisine et de l’entretien de la maison et les Servantes Écarlates dont l’unique rôle est de servir à la reproduction. Au sein de cette société, la terreur règne et personne n’ose se rebeller sous peine d’être envoyés aux Colonies.

Dans ce roman dystopique, nous suivons les aventures de Defred. Mère d’une petite fille avant le coup d’Etat, elle possède un appareil reproducteur en parfait état et se retrouve donc Servante dans la maison d’un Commandant haut placé dans cette nouvelle société. Chaque mois, au moment où les chances de concevoir sont optimales, se déroule la Cérémonie, un rituel effrayant durant lequel Defred se fait violer par le Commandant en présence de l’Épouse. Le reste du temps, la vie de Defred se résume à faire les commissions. Afin de ne pas sombrer, elle passe son temps libre à se remémorer le passé : les moments avec son compagnon Luke, sa fille Hannah et sa meilleure amie Moira. Petit à petit, elle réalise aussi qu’elle n’est pas la seule à ne pas vouloir se laisser asservir et qu’une communauté de rebelles existe. Est-ce grâce à elle que Defred trouvera une issue ?

La Servante Écarlate est un roman vraiment passionnant et effrayant dans la mesure où la dictature imaginée par Margaret Atwood pourrait appartenir au champ des possibles. Dans la postface du livre, l’auteur insiste sur ce point en stipulant que chaque évènement horrible relaté dans le livre a un précédent dans notre société occidentale. Ainsi, tout ce qui s’est produit dans le livre s’est déroulé ou se déroule dans le monde. De quoi faire froid dans le dos !

J’ai vraiment eu un coup de coeur pourt ce roman que j’ai dévoré en 24h ! L’histoire racontée du point de vue de Defred renforce le côté réaliste et immersif des évènements. Et si cela arrivait aux femmes de notre époque ? Comment réagirions-nous face à la déshumanisation ? Autant de questions auxquelles nous sommes obligés de se confronter en se plongeant dans ce livre.

L’écriture de Margaret Atwood est fluide, son style est sobre, sans fioriture, ce qui rend certaines scènes encore plus glaçantes. J’ai hâte de découvrir d’autres oeuvres de cette auteur mais aussi de découvrir l’univers de la série au sujet de laquelle j’ai lu de très bonnes critiques pour le moment ! 🙂

 

 

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