Nadia Hashimi est née et a grandi aux Etats Unis dans la banlieue de Washington. Ses parents, tous les deux originaires d’Afghanistan, ont quitté le pays dans les années 70. Ce n’est qu’en 2002 qu’elle ira en Afghanistan avec eux. Un voyage qui a beaucoup imprégné l’auteur qui a fait de la condition des femmes afghanes le sujet principal de son roman.

C’est à travers l’histoire de Rahima et de Shekiba, son arrière-arrière grand-mère, que La Perle et La Coquille traite de la condition féminine en Afghanistan. A un siècle d’intervalle, l’histoire des deux femmes se fait étrangement écho. Dans une société où les hommes font la loi, Rahima et Shekiba sont transformées en « bacha posh » afin de subvenir aux besoins de leur famille. Travesties en garçon, elles sont ainsi capables de circuler librement, d’aller seule à l‘école, de faire les courses, de négocier les prix, de jouer dans la rue… Un goût de liberté qui n’est pourtant que temporaire. Leur statut de femme finit par les rattraper et les deux héroïnes doivent faire face aux inégalités et aux interdictions.

La Perle et La Coquille est un roman touchant et poignant. Au fur et à mesure des aventures de Rahima et Shekiba, nous prenons conscience du poids des traditions en Afghanistan ainsi que de l’absence totale de liberté et d’indépendance des femmes. Souvent privées d’éducation, beaucoup d’entre elles n’ont pas conscience de leur condition, renforçant d’autant plus le pouvoir des hommes. A travers ce roman, l’auteur nous peint le portrait de deux femmes dotées d’une grande force de caractère auxquelles il est difficile de ne pas s’attacher. Leur détermination et leur volonté sont une vraie bouffée d’air frais dans une société où la cruauté et la violence sont prédominantes.

Le style de Nadia Hashimi est simple mais efficace. Sans fioritures, elle parvient sans peine à nous immerger dans le quotidien des deux femmes. Nous sommes en colère face aux injustices dont elles sont victimes, nous avons la gorge nouée face aux violences qu’elles subissent, nous nous indignons face aux inégalités de la société afghane.

J’ai souvent eu du mal à refermer le livre, souhaitant quelques arrêts de métro en plus afin de continuer à vivre leurs aventures. Un vrai coup de cœur J

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